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LES INNOVATIONS DANS CE SECTEUR DIT TRADITIONNEL : UN EXEMPLE, LA PORCELAINE DE LIMOGES
1. Rappel historique

Depuis plus de deux siècles, Limoges et sa région vivent au rythme de l’industrie céramique, et plus particulièrement, de la porcelaine, vaisselle et décoration.

La découverte du kaolin près de Limoges en 1776 a marqué le lancement de l’industrie porcelainière.

Limoges est riche de sa porcelaine en Limousin à qui lui a été donné son nom, symbole de luxe et de qualité sinon de perfection.

L’histoire de la porcelaine en Limousin commence il y a plus de deux siècles, quand, suivant l’exemple de la Saxe (à Meissen) tous les royaumes d’Europe recherchent dans leur sol cette substance argileuse blanche qui seule, permet de produire une céramique analogue à l’ancestrale porcelaine chinoise. Un riche gisement de kaolin est découvert de manière fortuite près de Limoges en 1768. Turgot, alors intendant du Limousin, obtient que le kaolin ne soit pas, comme il avait été initialement prévu, acheminé à Paris pour alimenter la Manufacture Royale de Sèvres, mais directement exploité sur place. Des manufactures se créent sur Limoges et les environs, et au milieu du XIXème siècle, apparaissent les premières machines (notamment les calibreuses), qui vont peu à peu permettre, avec l’avènement des chromos (décalcomanies céramiques) et l’amélioration des conditions de cuisson, de dimensionner la production limousine sur un plan mondial. Les hommes d’état, les grands industriels, les artistes possèdent tous alors leur service de Limoges.

Après la crise de 1929, les difficultés apparaissent. Mais depuis, la venue du gaz de Lacq à Limoges à partir de 1956, et la multiplication des machines de modelage automatique (Roller, puis presses isostatiques) ont permis de développer un outil de production moderne, tout en confortant le principal atout de la porcelaine de Limoges, sa qualité.

Le secteur compte en Limousin 2700 salariés pour une trentaine d’entreprises avec une part à l’exportation atteignant globalement 40 %.

De nombreux groupes français des arts de la table et du luxe se sont récemment associés à des fabricants de Limoges (Hermès, Guy Degrenne, Lalique, …).

2. L’industrie de la porcelaine actuellement

Emblème du Limousin

L’ensemble de l’activité porcelaine-céramique représente un effectif de 2700 personnes dont 94 % en Haute-Vienne. Le chiffre d’affaires réalisé est supérieur à un milliard de francs, dont plus du tiers à l’exportation. Ce secteur est largement dominé par l’industrie porcelainière dont le chiffre d’affaires atteint 800 millions de francs.

Activité emblématique de Limoges, la production porcelainière a pu trouver, dans l’environnement régional, les facteurs favorables à son implantation et à son développement : la matière première (kaolin), de nombreux cours d’eau pour l’élaboration de la pâte, du bois pour la cuisson et une main d’œuvre abondante.

Si la première manufacture a été créée en 1771, la porcelaine de Limoges n’a connu véritablement son apogée qu’au XIXème siècle, période durant laquelle cette industrie de luxe a employé jusqu’à 15000 personnes.

La notoriété internationale de la porcelaine a contribué à favoriser le développement dans la région de la céramique sanitaire. Deux entreprises sont particulièrement représentatives, Allia à Limoges et Jacob-Delafon à Brive.

A forte valeur ajoutée et exportateur

Ce secteur se caractérise par un taux de valeur ajoutée supérieur à la moyenne nationale. En matière d’investissement, des efforts considérables ont été faits dans la majorité des entreprises, et les plus petites, à leur tour, envisagent également d’investir dans de nouveaux matériels de coulage et de décoration automatisés.

Aujourd’hui, la plupart des entreprises de la région ont un outil performant, constitué de presses isostatiques, de machines de coulage sous pression et de fours robotisés. La prochaine étape est celle de la « transitique ».

Communication et diversification

Le secteur porcelainier limougeaud est demeuré, fort longtemps, une pépinière d’entreprises à capitaux familiaux, héritage de l’histoire industrielle et syndicale de la région. Fort de ses traditions, il doit affronter depuis quelques années des défis technologiques et commerciaux accrus auxquels il n’était pas préparé. Les restructurations amorcées depuis 1989 sont encore à l’ordre du jour. Les prises de participation par des sociétés extérieures au Limousin se sont multipliées avec les groupes Guy Degrenne, Ercuis, Pochet, Sagem, …. De ce fait, 60 % des effectifs et 50 % du chiffre d’affaires du secteur ne sont plus entièrement contrôlés par des entreprises limousines.

Mais au-delà des améliorations de la productivité qui ont été réalisées, les professionnels cherchent à conserver le renom de la porcelaine de Limoges en renforçant la promotion de leurs produits en France et à l’étranger, en particulier sur les marchés de la grande exportation (Asie, Amérique), en diversifiant leur gamme de fabrications ou en étoffant leur réseau commercial. Les efforts de communication engagés ces dernières années, notamment au moyen de campagnes publicitaires, sont devenus nécessaires.

Enfin, il faut tenir compte de l’évolution des goûts des consommateurs, de la versatilité et de la fragilité du marché du luxe et de la pression de la concurrence étrangère. Les professionnels l’ont compris et nombreux sont ceux qui se diversifient sur le secteur du cadeau (boîtes décorées) ou de la porcelaine « au quotidien ».

Le développement de la branche céramique sanitaire est étroitement lié à l’activité du bâtiment. Là aussi, l’accent est mis sur la créativité et la commercialisation des produits.

L’innovation est facilitée par la synergie des industriels avec les laboratoires universitaires de recherche, l’Ecole Nationale Supérieure de la Céramique Industrielle (ENSCI), l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Limoges (ENSIL), le Centre de Transfert de Technologies Céramiques (CTTC) et les nombreux fournisseurs régionaux de matériels et de matières premières.

En initiant en 1996 Ceramic Network, le carrefour international du design et de l’innovation dans la céramique, le Limousin compte bien devenir le rendez-vous incontournable des professionnels.

Les principaux établissements

Bernardaud : Limoges – Oradour-sur-Glane/Porcelaine/390 salariés
Allia : Limoges / Céramique sanitaire / 260 salariés
Haviland : Limoges / Porcelaine / 240 salariés
Jacob Delafon : Brive-la-Gaillarde / Céramique sanitaire / 165 salariés
Raynaud : Limoges / Porcelaine / 100 salariés
Royal-Limoges : Limoges / Porcelaine / 93 salariés

Source : brochure « L’industrie en Limousin » – édition 99 DRIRE – ARD Limousin

Après de fortes difficultés dans les années 1970 et 80, de nombreux mouvements de rapprochement ou de rachat ont lieu à l’intérieur de la profession.

La porcelaine apparaît de plus en plus comme l’un des éléments d’un concept artistique couvrant l’ensemble des arts de la table, avec l’orfèvrerie et le verre notamment.

Le positionnement de cette industrie, auparavant proche de l’artisanat de luxe où la porcelaine de Limoges n’était utilisée que pour les repas officiels, fêtes de famille et était offerte à l’occasion des mariages, s’oriente dorénavant vers des consommateurs pour lesquels priment la qualité dans l’art de recevoir et dans l’art de vivre.

De fait, l’industrie de la porcelaine de Limoges s’inscrit dans un courant d’innovations, et ces innovations concernent à la fois la technologie et le marketing.

3. Une industrie traditionnelle mais d’innovation

Innovations technologiques

De nombreuses innovations accompagnent le développement de la fabrication et de la décoration de la porcelaine de Limoges :
– les poudres, mélanges et matières premières
– le pressage isostatique, issu de la plasturgie
– le coulage sous pression
– le prototype laser (développé par le CTTC)
– la décoration par tampon
– la décoration par laser (Cerlase)
– les fours à cuisson rapide
– le filtre-pressage
– le séchage rapide …

Les développements technologiques sont demandés par les porcelainiers ou pour les entreprises d’équipement et fourniture de matières premières, produits et services pour la céramique :
– CERIC THERMIC
– CERLASE
– Dmc2
– ELMECERAM
– FAURE EQUIPEMENTS
– KPCL
– MATTHEY BEYRAND

Innovations produits

Dans ce domaine, les équipes marketing et les designers travaillent de concert ou de manière séquentielle.

Comme nous l’avons indiqué plus haut, les consommateurs souhaitant de plus en plus intégrer la porcelaine à leur art de vivre et de recevoir, mais pas uniquement lors d’évènements familiaux ou officiels.

Cette tendance, combinée aux développements technologiques signalés au paragraphe précédent, permet d’offrir des produits où le design de la forme et du décor peuvent évoluer plus rapidement et répondre plus directement aux goûts et besoins des consommateurs.

En dehors de la vaisselle, la porcelaine de Limoges a trouvé -ou retrouvé- de nouveaux marchés dans le domaine de la décoration : citons principalement :
– Les assiettes décoratives et commémorations (représentant des évènements historiques ou sportifs, ou à l’effigie de personnages célèbres, officiels ou populaire). Le marché principal dans ce domaine concerne les USA.
– Les boîtes à pilules, décorées auparavant de manière très traditionnelle et dont les formes et décors sont désormais très variés et s’inspirent des évènements artistiques, cinématographiques, sportifs. Les marchés principaux se situent en Asie (japon principalement) et aux USA.
– Les petits objets de décoration prisés des collectionneurs
– Les lithophanies, dont l’idée était apparue au XIXème siècle, et qui répondent actuellement à un réel  » effet de mode « . Ces lithphanies, objets de porcelaine fine et mate, dont le décor apparaît par translucidité, sont utilisés pour fabriquer des lampes à lumière tamisée.

A Limoges, l’ENAD (Ecole Nationale d’Arts Décoratifs) et le CRAFT (Centre de Recherche sur les Arts du Feu et de la Terre) forment les designers pour la céramique et développent de nouveaux modèles et décors pour les entreprises.

Une date à retenir : CERAMIC NETWORK 2002

A la suite du succès des évènements Ceramic Network qui se sont tenus en 1996 et 1999, une nouvelle édition se tiendra en 2002 à Limoges et permettra de rassembler les créateurs et innovateurs en technologie et design.

En 2002, Limoges va confirmer sa vocation de pôle européen de la céramique en accueillant la 3ème édition de Ceramic Network, placée sous le signe de l’innovation, du brassage des idées et de la confrontation créative.

Ceramic Network concentrera sur 2 jours et en un lieu unique – la Technopole de Limoges – des conférences et ateliers animés par des grands noms de l’industrie européenne, une bourse technologique et des expositions.

Ces journées d’échanges ont pour objectif de permettre aux professionnels de la céramique – industriels, fournisseurs, distributeurs, designers et créateurs – de confronter l’approche de leur métier à celle d’acteurs d’autres secteurs économiques. En 1996, Ceramic Network a réuni 600 professionnels de 10 pays et accueilli plus de 550 rendez-vous d’affaires qui ont généré des accords commerciaux et des programmes de recherche ; en 1999, plus de 1000 professionnels ont participé.

Le secteur céramique en Limousin largement dominé par l’industrie porcelainière représente 2700 salariés, 62 établissements et plus d’un milliard de francs de chiffre d’affaires.

Ceramic Network 2002 sera organisé à l’initiative de l’Agence Régionale de Développement du Limousin (ARD), de l’Agence Nationale de Valorisation de la Recherche (ANVAR) et du Centre de Recherche des Arts du Feu et de la Terre (CRAFT) en collaboration avec tous ceux qui, en Limousin, font et soutiennent la céramique.

          
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